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Pérégrination Romélienne = Un idylle en voyage au travers de lointaines contrées.

08 Jun

Souvenirs d'Amazonie

Publié par romain et émilie  - Catégories :  #Equateur

A Banos, nous apprenons que nous nous situons à 1 heure de la porte d’entrée sur la forêt Amazonienne. Bien qu’ayant vécu 3 ans en Guyane on se lasse jamais de parcourir ce géant vert. On décide donc de partir quelques jours à Tena et au village de Misahualli. 3 heures de route plus tard, nous arrivons dans une ville aux édifices en toit de tôle, une architecture post-industrielle présentant peu d’esthétisme…une ville qui a tout simplement connue son apogée au moment de la fièvre du caoutchouc puis celui du pétrole.

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Nous faisons escale une journée pour organiser la suite de notre séjour en forêt, dans le village de Misahualli à une trentaine de kilomètres de là. En lisant notre guide d’Equateur, on est surpris par le nombre d’offres se revendiquant du tourisme communautaire aux prix non accessibles aux petits budgets. Des agences de voyage y ont fait un vrai business, on construisant des « lodges »de luxe… On se montre plutôt méfiant quant à l’argent réellement reversée aux communautés.

En faisant nos recherches, on découvre une association de femmes Shiripuno tout près du village de Misahualli qui accueille des touristes et propose des activités de découverte de leur culture. 

Nous arrivons le lendemain petit matin dans le village de Misahualli. Nous demandons à des habitants comment nous rendre à la communauté. Un homme se présente à nous, il est piroguier et nous propose de nous y amener pour 10 $. Ne connaissant pas les distances, nous acceptons. 

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Nous prenons la pirogue et nous rappelons la dernière fois que nous avons emprunté ce moyen de transport : c’était 9 mois plus tôt sur le fleuve de l’Oyapoque, nous quittions la Guyane pour parcourir le continent sud-américain.

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A peine 5 minutes plus tard, en nous laissant porter par le courant (le piroguier n’a même pas eu besoin d’allumer son moteur), nous arrivons à la communauté et là on comprend qu’on a bien été « escroqué » ! On ne fait pas d’histoire et allons rencontrer les gérantes de l’association pour demander si nous pouvons loger quelques jours sur le site. Nous sommes très bien accueillis et on nous accompagne à notre chambre dans une grande bâtisse faîte de feuilles de palmiers.

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Une fois les bagages posés, nous parcourons le site. Une cinquantaine de femmes étaient présentes. Machette à la main, elles travaillaient tout ensemble à l’entretien du site. En à peine une heure, elles ont nettoyé tout un chemin et planté du manioc aux abords.

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Nous rencontrons la présidente de l’association. Elle nous explique que tous les mardis, les adhérentes de l’association se réunissent pour réaliser un travail communautaire, elles appellent ça la « Minga ». Nous trouvons ce concept très intéressant. Il s’agit d’un travail volontaire.  Il y règne une ambiance familiale et une bonne humeur. Les enfants qui ne sont pas en âge d’aller à l’école, accompagnent leur mère et s’amusent entre eux. Nous rencontrons quelques hommes de passage seulement. Généralement, ils sont chargés du transport en pirogue et parfois, des tâches lourdes que les femmes ne peuvent assumer seules. On comprend que celle-ci règnent en chef au sein du site. Il n’en a pas toujours été ainsi nous explique la présidente. A l’origine de l’association, les femmes de la communauté se sont réunies pour trouver une solution à la montée du machisme chez les hommes. Ces derniers n’acceptaient pas que leur femme ait une activité en dehors de celle d’élever des enfants. Une française mariée à un homme de la communauté a grandement contribué à la création  de l’association. Elle a notamment fait appel à une fondation pour collecter les fonds nécessaires à son fonctionnement. Les femmes ont obtenu un terrain de « los abuelos » et ont commencé les travaux. Selon la présidente, les hommes ont fini par accepter parce qu’ils n’avaient pas le choix. 

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Certain ont résisté et ont obtenu que leur femme reste au foyer et ne travaille pas pour l’association, c’est encore le cas d’une dizaine de femmes de la communauté.

Une fois les présentations faîtes, nous décidons de nous inscrire aux activités du lendemain. Au programme : visite du jardin, présentation de plantes médicinales, aide à la plantation, fabrication de chocolat, de la chicha (boisson locale à base de manioc), cuisine, artisanat… Un programme bien complet et grandement intéressant !

Nous profitons du coucher de soleil puis dinons au bord de la rivière un  sachet de soupe lyophilisé gentiment offert par Laurent et Marion (on en a une dizaine à passer !)… ça à l’avantage d’être léger et économique !

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Le lendemain, nous partons en activité avec Mariline, notre guide. Chaque femme exerce une fonction bien spécifique dans l’association selon les compétences de chacune. Mariline a été formé par les autres femmes plus anciennes à devenir guide. Pendant le temps des repas, elle aide aussi en cuisine, polyvalence oblige.

Nous nous retrouvons avec deux autres touristes français. L’ambiance est plutôt détendue. Nous nous laissons guider par Mariline qui connait la forêt par cœur :

Peinture au Roucou. Toutes les femmes avant de travailler se dessinent le visage au roucou.

Découverte du jardin. Nous confectionnons des bracelets et couronnes en végétaux. Emilie se rappelle alors le carnaval guyanais avec Natural Tribal à confectionner ses costumes en plantes et fleurs de toutes espèces…un bon vieux temps déjà révolu !

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Romain travaille dur les muscles pour mouliner les grains de cacao… l’effort mérite récompense. Nous dégusterons ce délicieux chocolat au dessert accompagné de morceaux de papaye…un délice !

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Nous cuisinons le Tilapia et le recouvrons d’une feuille de bananier le temps de la cuisson. Au milieu du repas, Mariline nous apporte un petit plus, des asticos géant, comestible bien sur.  Romain est finalement le seul courageux qui ose gouter. Au vue de sa tête lorsqu'il croque, ça n'a pas l'air très goutu...

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Emilie s’entraîne à piler le manioc pour le réduire en bouillie avant de le laisser fermenter pour en faire la boisson tant prisée des équatoriens, la chicha !
Réalisation de bracelet : Romain se prête au jeu et le résultat est même pas mal du tout !
Nous participons ensuite à un cours de danse. 

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Nous terminons la journée par un jeu de tir à la sarbacanne.

Agréable séjour que celui passé aux côté de la communauté Shiripuno.  Nous regrettons pas notre détour en forêt et repartons le cœur noué en pensant que nous ne reverrons pas de sitôt cette merveilleuse nature qu’offre l’Amazonie.

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Commenter cet article

ophélie 08/06/2015 13:53

Coucou, les amis. Cet article me donne envie d'aller sejourner un peu avec les femmes de cette communauté. Quand à la forêt, dès qu'elle vous manque trop il y a une chambre à la maison! Je vous embrasse!

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